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Story Publication logo November 26, 2023

DRC-Burundi: Forests and Parks Fall Victim to Small, Infertile Family Fields (French)

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Our project demonstrates the consequences of the decline in family farmland.

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An English summary of this report is below. The original report, published in French in Ici Congo, follows.


In Burundi's Monge Nature Reserve, environmental degradation and encroachment thrive. Once lush with forests spanning 5,000 hectares, the reserve now stands diminished at 3,200 hectares after three decades. The diminishing boundaries are marked by a troubling truth—more than 2,000 hectares have succumbed to the ravages of deforestation and agricultural expansion. The encroachment is fueled by locals and newcomers seeking fertile lands, shrinking the reserve's area and jeopardizing its fragile ecosystem.

In this dire scenario, the Monge Nature Reserve faces an existential threat. Agricultural expansion driven by an escalating population has led to the exploitation of forest lands. The encroachment, facilitated sometimes by illicit practices involving bribes paid to forest rangers, underscores the complex nexus between human sustenance and environmental preservation. Similarly, across the border in the Democratic Republic of Congo, the encroachment of Africa's oldest park, the Virunga, echoes a parallel narrative of agricultural expansion, encroachment, and conflict between wildlife and human livelihoods. As population pressures mount, the quest for arable land pushes inhabitants further into fragile ecosystems, deepening the perilous tussle between conservation and livelihood needs.


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RDC-Burundi: les Forêts et les parcs victimes de l’exiguïté et de l’infertilité des champs familiaux

La taille moyenne d’une exploitation agricole par mĂ©nage diminue dans les zones rurales de la RDC et du Burundi suite Ă  la pression dĂ©mographique. Elle est suivie  de la perte de fertilitĂ©  Ă  cause de la surexploitation. ConsĂ©quence : la population s’accapare des nouveaux espaces forestiers, y compris dans les parcs et aires protĂ©gĂ©es, Ă  la recherche des nouveaux champs vastes et fertiles.

Ce qui, en RDC, entraine la dĂ©forestation, la  prĂ©dation de la biodiversitĂ©, notamment la faune et la flore, ou au Burundi, affecte les rivières. Mais ces migrations vers les forĂŞts vierges Ă  la recherche de nouveaux champs fertiles ne constituent pas une panacĂ©e, comme l’explique ce  grand reportage.


Herbes sous le feu, des arbres coupĂ©s inclinĂ©s sur les vieux troncs d’arbres dans la rĂ©serve naturelle de Monge,… C’est  le paysage qu’offrent les  alentours de la colline Kayombe en zone et commune Bugarama de la Province Rumonge au sud-ouest du Burundi. La forĂŞt cède progressivement la place aux champs agricoles de pomme de terre et de choux. 

Les agriculteurs cultivent jusqu’au-delĂ  de la rivière Mahuba qui dĂ©limite la rĂ©serve naturelle de Monge avec les exploitations agricoles des particuliers en dĂ©truisant toute vĂ©gĂ©tation au passage. « A la crĂ©ation de la rĂ©serve naturelle de Monge en 1989, sa superficie s’élevait Ă  5000 hectares et abritait 47 mĂ©nages autochtones Â», indique Niyongabo Cyprien, responsable de la rĂ©serve naturelle de Monge.

Aujourd’hui, sa superficie a diminuĂ© sensiblement au fil des annĂ©es. Â« Elle s’élève Ă  3200 hectares Ă  l’heure actuelle. Plus de 30 ans après sa crĂ©ation, environ 2000 hectares sur 5000 hectares de la rĂ©serve sont dĂ©jĂ  partis en fumĂ©e Â», regrette Niyongabo Cyprien. Lorsque leurs champs ne produisent plus assez, les agriculteurs les abandonnent  pour ouvrir  des nouveaux espaces de la forĂŞt : 

« Par le passĂ©, ces Ă©tendues nues Ă©taient cultivables. Lorsqu’elles sont devenues infertiles, jusqu’à ce que les herbes n’y poussent pas; les agriculteurs ont dĂ©frichĂ© d’autres terres cultivables de la forĂŞt. La prĂ©sence des mĂ©nages Ă  l’intĂ©rieur de la forĂŞt est une menace pour Monge Â», se lamente Bizoza LĂ©onidas, garde-forestier.


Étendue fraîchement créé encore fertile à l’intérieur de la réserve naturelle de Monge/Photo prise le 26 Août 2023 par. Image par Arthur Bizimana. Burundi, 2023.

Les autochtones ne se sont pas arrĂŞtĂ©s lĂ . Ils se sont accaparĂ©s des terres de la rĂ©serve naturelle de Monge et les ont vendu aux migrants, car elles Ă©taient très fertiles. Les autochtones et les nouveaux occupants, leur nombre a augmentĂ©. De ce fait, leurs lopins de terre sont devenus insuffisants pour toutes ces familles d’agriculteurs. Ils se sont par consĂ©quent tournĂ©s vers la forĂŞt pour agrandir leurs exploitations agricoles ou ouvrir des nouveaux champs, explique le responsable de la rĂ©serve naturelle de Monge.  

« La forĂŞt de Monge s’éteint petit Ă  petit suite Ă  l’augmentation de la population qui fait l’agriculture, pratique de l’élevage et coupe les arbres Â», alarme Cyprien Niyongabo. « Si rien n’est fait dans l’immĂ©diat pour la prĂ©server, la  rĂ©serve naturelle de Monge peut disparaĂ®tre Â», avertit Niyongabo.

Un habitant qui a requis l’anonymat révèle que dans la région de Monge, certains agriculteurs occupent illégalement la réserve naturelle et d’autres l’exploitent avec l’aval des gardes forestiers. Il évoque le cas des agriculteurs qui ont étendu leurs exploitations agricoles dans la forêt de Monge aux alentours de la colline Kayombe, en zone et commune Bugarama, province Rumonge au sud-ouest du Burundi.


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Pour y cultiver, ils donnent le pot de vin dit « Ikibando» aux gardes-forestiers. Qui se traduit par « Gros bâton Â» en rĂ©fĂ©rence aux bâtons que les Ă©co-gardes se munissent lors des patrouilles  Â« Les intermĂ©diaires entre les agriculteurs et les garde-forestiers collectent de l’argent et en offrent aux garde-forestiers»,  rĂ©vèle cet informateur.

« S’ils avaient eux aussi consenti Ă  donner le pot de vin, ils seraient Ă©pargnĂ©s des poursuites de tout le temps Â», ajoute-t-il. Pour se justifier, les Ă©cogardes disent que la forĂŞt de Monge est exploitĂ©e clandestinement pendant les heures hors services.

Berchmans Hatungimana, directeur de l’Office Burundais pour la Protection de l’environnement reconnaĂ®t que les Ă©cogardes sont parfois complices de l’attribution des terres dans les forĂŞts. « Dans la mesure oĂą ils sont attrapĂ©s, ils sont rĂ©voquĂ©s de leurs fonctions et ensuite traduits en justice Â», prĂ©cise-t-il.   

A l’ouest du Burundi, nous sommes en RDC,  dans la province du Nord-Kivu, les limites du plus vieux parc d’Afrique, le  Virunga, sont en perpĂ©tuelle menace suite Ă  la recherche par les riverains agriculteurs des nouvelles terres Ă  cultiver. 

« Pour  cultiver dans le parc, il y a certaines personnes qui se font passer pour des chefs  coutumiers de la rĂ©gion, s’accaparent des terres du parc et les vendent aux pauvres ignorants, car beaucoup ne connaissent pas les limites qui sĂ©parent le parc et des terroirs traditionnels voisins du parc Â», indique Nzilamba Mukwahabiri Tridon , chef du service de l’agriculture, pĂŞche et Ă©levage AGRIPEL de la commune rurale de Kyondo qui ouvre la voie au parc des Virunga en territoire de Beni (Nord-Kivu).

Mais il n’y a pas que ceux qui se font passer pour des coutumiers qui s’introduisent dans ce patrimoine de l’humanité. D’autres y vont clandestinement, convaincus que les terres des Virunga sont plus fertiles que les leurs surexploitées.

Quand un individu commence à cultiver dans le parc en clandestinité, il est suivi par les autres qui envient sa récolte, poursuit Nzilamba Mukwahabiri Tridon. Les premiers à s’y introduire arrivent mêmes à vendre les terres du parc aux nouveaux arrivants.

Et ces champs n’attirent l’attention des éco-gardes que quand ils deviennent nombreux. En représailles, les gardes-forestiers vont jusqu’à détruire les récoltes de ceux qui envahissent le parc pour les décourager.

Ils attendent presque la maturation des cultures plantĂ©s illĂ©galement dans le parc  comme le riz, le manioc, … juste avant la maturation, ils viennent tout raser Ă  terre, rĂ©duisant ainsi Ă  zĂ©ro  le travail clandestin de 6 mois Ă  2 ans et arrĂŞtent Ă©galement les fautifs”, tĂ©moigne Nzilamba Mukwahabiri Tridon.

Pour ĂŞtre libĂ©rĂ©s des geĂ´les des gardes-forestiers, ils vont jusqu’à vendre leurs biens laissĂ©s ici  au village pour payer les amendes. Â», un cercle vicieux de pauvretĂ© que dĂ©plore l’agronome Nzilamba Mukwahabiri Tridon

Bienvenue Bwende, chargĂ© de communication du PNVi est ferme face aux violations des limites : « toute activitĂ© illĂ©gale dans le parc est un crime environnemental. Le Virunga est un espace inviolable Â». Mais les gens y vont toujours car n’ayant pas de choix : « A cause des conflits fonciers et des Ă©boulements des terres, on y va comme ça mais  ce n’est pas lĂ  qu’il y a la solution Â» se dĂ©sole Kavira Kavalami Marie JosĂ©,  directrice du  Centre d’Etude des MĂ©canismes pour le DĂ©veloppement Local de Kyondo. 


un paysage agricole dans les hautes terres de Luutu, en territoire de Lubero, Ă  une trentaine de Km de Butembo. Image par Â© Photo HervĂ© Mukulu. Burundi, 2023.

Les parcs menacés, difficile cohabitation entre l’homme et la faune

La taille moyenne d’une exploitation agricole par mĂ©nage diminue progressivement dans les zones rurales du Burundi. En 2015, l’Institut National des Statistique du Burundi (INSBU en sigle) montre que la taille moyenne d’une exploitation agricole d’un mĂ©nage ayant 6 enfants s’élevait Ă  0,5 hectare en 2015.

Pour pallier l’exiguĂŻtĂ© et l’infertilitĂ© des terres, les cultivateurs dĂ©passent les limites des parcs. En consĂ©quence, les animaux sauvages ravagent leurs cultures : «  Nous cultivons les champs agricoles aux alentours du parc. Toutefois, les animaux viennent ravager nos cultures », se lamente l’agriculteur Hasabamagara qui cultive aux alentours du parc national de la Ruvubu quand nous l’avons croisĂ© Ă  Rwamvura, en commune Kigamba et province Cankuzo dans la partie Est du Burundi.

Les responsables du parc tentent de s’expliquer. D’après eux, le code forestier du Burundi de 2016 prĂ©voit la zone tampon d’un kilomètre (1 km) entre les limites des parcs et les champs des particuliers. « Cependant, nous constatons que les agriculteurs cultivent jusqu’aux limites des parcs. Parfois, ils dĂ©passent les limites des parcs et remettent en cause les dimensions du parc Â», observe le responsable du Parc national de la Ruvubu Bakundintwari Marc.

L’absence de la  zone tampon limite la libertĂ© des animaux : « Quand ils sortent dans les parcs, ils se retrouvent directement dans les mĂ©nages et dans les champs des citoyens Â», explique le responsable du Parc national de la Ruvubu.  

La situation est similaire aux tours des Virunga dans l’est de la RDC : des villages et champs se prolongent dans l’aire protĂ©gĂ©e, et des animaux en provenance du parc envahissent les habitats ou dĂ©truisent des cultures, entrainant un conflit entre l’homme et la faune. « Au Sud (du parc national des Virunga, ndlr) , des villages de pĂŞche qui ont existĂ© avant la crĂ©ation du parc ne cessent de croĂ®tre comme Kamandi, Kisaka, Muramba, Kyavinyonge, jusqu’à s’étendre dans le parc, au Nord, les villages n’ont plus de champs fertiles et s’approprient des terres  arables dans le parc comme c’est le cas de Mayangose, Nyaleke ou Kanyatsi ».  

« Il y a aussi dĂ©fis des limites  au centre : Kasindi, Isale, Karuruma et Lubirihya. Aussi, les agriculteurs voient les animaux du parc dĂ©truire leurs cultures dans leurs propres champs. Des situations qui entrainent des conflits entre l’homme et la faune Â», fait savoir le professeur Paul Vikanza, chercheur en environnement et dĂ©veloppement des populations Ă  l’UniversitĂ© catholique du Graben (UCG) basĂ©e Ă  Butembo (Nord-Kivu).


Villages, cités et villes dans et autour du PN Virunga.

En RDC comme au Burundi, les responsables des parcs peinent Ă  rĂ©soudre le problème. «S’ils (les animaux, ndlr) ravagent les cultures, les fonctionnaires du parc notent et  s’en vont. Personne n’est dĂ©dommagĂ©. Par contre, s’ils attrapent les chasseurs dans le parc de la Ruvubu, ils purgent leur peine», dĂ©plore l’agriculteur Hasabamagara du Burundi.

En guise de solution, les agriculteurs organisent des patrouillent et protègent leurs cultures. « Lorsque les animaux sauvages commencent Ă  sortir dans le parc, nous organisons des rondes nocturnes  et allumons les feux pour les empĂŞcher de ravager nos cultures Â», raconte  l’agriculteur Hasabamagara Marc.

Si les agriculteurs s’absentent, ne fĂ»t-ce qu’un seul jour, aux rondes nocturnes, ces animaux peuvent tout ravager. Ils attestent ne dormir Ă  la maison qu’après la rĂ©colte. Les grands mammifères  comme les buffles causent Ă©normĂ©ment des dĂ©gâts. Il y a parfois de mort d’homme.

Au sud-ouest du Burundi, dans la rĂ©serve naturelle de Monge, les agriculteurs tendent des pièges aux animaux sauvages afin qu’ils y tombent s’ils viennent ravager leurs cultures,  explique LĂ©onidas Bizoza, Ă©cogarde. Or, le piĂ©geage tue et  fait fuir les animaux, constate LĂ©onidas. 

L’incendie, l’autre défi

Autour du parc national de la Ruvubu, Ă  l’est du Burundi, les agriculteurs brĂ»lent les herbes qu’ils ont dĂ©frichĂ©es dans les champs: « nous regroupons toutes les herbes et les brĂ»lons. La cendre est utilisĂ©e comme intrant agricole. On le met Ă  chaque jauge de haricot et de maĂŻs Â», assure Ndikumana Sylvie, agricultrice que nous avons rencontrĂ© sur la colline Rwamvura.

Dans certains cas,  le feu peut doubler d’intensitĂ© et dĂ©passer la capacitĂ© d’extinction de celui qui l’a allumĂ© et s’étendre sur les collines et les parcs, rĂ©vèle Surwanone Gloriose, agricultrice de la commune Bweru, en province Ruyigi.

Dans d’autres cas : « nous pouvons brĂ»ler les herbes la journĂ©e lorsque le soleil brille encore. Si on rentre sans toutefois avoir bien vĂ©rifiĂ© que le feu s’est Ă©teint, il peut augmenter et s’étendre sur d’autres lieux. Ainsi, le feu de brousse voit le jour», poursuit-elle. Ce qui entraine des feux de forĂŞt.

“Les feux de brousse effacent les limites du parc de la Ruvubu et permettent aux agriculteurs d’agrandir leurs champs dans le parc” regrette le responsable du parc de la Ruvubu. Chaque année, le Burundi connaît les feux de brousse. Les trois aires protégées qui ont fait objet de notre enquête ont toutes connu récemment les feux de brousse.


Feu de brousse au Burundi. Image par ©Arthur Bizimana. Burundi, 2023.

Alors que le Burundi a perdu 366 hectares de forĂŞts primaires humides de 2001 Ă  2022, ce qui reprĂ©sente 1.1% de la perte de la couverture arborĂ©e au cours de la mĂŞme pĂ©riode, la RDC a perdu, quant Ă  elle,  a perdu 6.33 millions d’hectares de forĂŞts primaires humides, ce qui reprĂ©sente 35% de la perte de la couverture arborĂ©e au cours de la mĂŞme pĂ©riode. La superficie totale de forĂŞts primaires humides au Burundi et en RDC a diminuĂ© respectivement de 1.4% et 6.1% au cours de cette pĂ©riode.

Ces pertes de couverts forestiers correspondent donc Ă  la destruction des habitats d’animaux. Ce qui fait partie des facteurs de la disparition et de la diminution d’animaux sauvages et d’autres Ă©cosystèmes. Selon le chercheur Nzigidahera, le Burundi a dĂ©jĂ  enregistrĂ© plus de 10 espèces d’animaux disparues depuis la fin des annĂ©es 1950. 

En 1985, Curry – Lindahl mentionnait la prĂ©sence de 200 Ă©lĂ©phants. A l’heure actuelle, il ne subsiste aucun Ă©lĂ©phant. Le dernier Ă©lĂ©phant a Ă©tĂ© exterminĂ© en dĂ©cembre 2002 dans le Parc National de la Rusizi. La disparition des espèces fauniques n’est pas sans consĂ©quence.

« Les recherches ont montrĂ© par exemple que la levĂ©e de la dormance des semences de l’espèce endĂ©mique « d’Hyphaene » communĂ©ment appelĂ© faux palmier devrait passer dans l’intestin de l’élĂ©phant. Mais, comme les Ă©lĂ©phants ont disparu, la rĂ©gĂ©nĂ©ration de cette espèce se fait d’une façon vraiment lente Ă  tel point qu’elle est en voie de disparition Â», rĂ©vèle Berchmans Hatungimana, directeur de l’OBPE.

En plus, les champs agricoles  dans le parc de la Rusizi fragilisent les berges de la Rusizi prenant sa source dans le lac Kivu. Cette rivière Rusizi traverse trois pays de l’Afrique centrale, dont la RDC,  le Rwanda et le Burundi avant de se jeter dans le lac Tanganyika. Aux bords de la rivière Rusizi du secteur Palmeraie (Burundi), les champs agricoles de maĂŻs, de riz, de choux, etc. fourmillent.

Ces champs touchent Ă  la rivière. Les agriculteurs ne laissent aucun intervalle entre leurs champs et la rivière  tel qu’exigĂ© par la loi. â€śNous cultivons aux bords de la rivière Rusizi, car nous accĂ©dons facilement Ă  l’eau pour arroser nos cultures” se justifie Agnès Irakoze, agricultrice.


Champs de légumes (choux) au bord de la rivière Rusizi, dans le Parc National de la Rusizi, à l’Ouest du Burundi/Photo prise le 30 Août 2023. Image par ©Arthur Bizimana. Burundi, 2023.

Ainsi, pour irriguer les cultures, les agriculteurs creusent des puits sous le sol au bord de la rivière Rusizi et l’eau monte. “Nous commençons alors à puiser de l’eau dans ces puits avec des arrosoirs” explique Ryarambabaje Philippe, agriculteur que nous avons rencontré aux bords de la Rusizi, sarclant les champs de Maïs. Néanmoins, ces puits rendent les bords de la rivière Rusizi mous et sont à l’origine de leur effondrement. Le code forestier prévoit pourtant la zone tampon de cent mètres (100m) entre la rivière et les champs dans la partie qui touche le parc, indique Pacifique Ininahazwe, responsable du parc national de la Rusizi.

“Cette zone tampon devrait ĂŞtre rĂ©servĂ©e pour servir de corridor pour les hippopotames lorsqu’ils quittent une zone vers l’autre ou lorsqu’ils quittent la rivière  pour aller brouter les herbes qui se trouve Ă  proximitĂ© de Rusizi” dĂ©clare le responsable du Parc de la Rusizi.

NĂ©anmoins, cette zone tampon ne reste que sur papier, avoue Pacifique Ininahazwe. Quand on va sur terrain, c’est une autre rĂ©alitĂ© parce que toute cette partie est actuellement occupĂ©e par les champs de riz, de maĂŻs, etc. 

Et lors que les animaux qui sortent des eaux ne trouvent pas de quoi se remplir le bide, ils ravagent les cultures des particuliers, indique le responsable du parc de Rusizi. Les hippopotames vont même au-delà des 100 m parce que les agriculteurs ont défriché les herbes qui servent de nourriture pour ces troupeaux. Ainsi, les conflits entre homme et faune s’emplifie.

Et quand la dĂ©mographie s’en mĂŞle 

« Je suis nĂ© dans une fratrie de 10 enfants. Nous avons trois petits lopins de terre. Après avoir partagĂ© la propriĂ©tĂ© foncière laissĂ©e par nos parents, personne n’a hĂ©ritĂ© un lopin de terre oĂą on peut semer trois kilogrammes (3 Kg) de haricot», nous a confiĂ© Kamariza Emelyne lorsque nous l’avons rencontrĂ© Ă  Nyarurambi, en commune Gatara et province Kayanza,  au Nord du Burundi. 

Gatara fait partie des communes les plus densĂ©ment peuplĂ©es au Burundi. Selon Ndikubwimana Donatien, conseiller chargĂ© de questions politiques, administratives, juridiques et sociales de la commune Gatara , la densitĂ© de la population, en commune Gatara, s’élève Ă  847 habitants au km² alors que la densitĂ© moyenne nationale s’élève Ă  310 hab./km². Et face Ă  ces dĂ©fis, le partage des exploitations agricoles familiales est souvent objet de conflits entre les membres de la famille.

« Notre exploitation familiale est mal partagĂ©e, car je suis pauvre.  Notre père Ă©tait polygame et a Ă©pousĂ© deux femmes. Je suis nĂ© de la première femme. Mes frères et sĹ“urs de la première femme sont tous morts. Ceux de la deuxième femme ont survĂ©cu. Après avoir partagĂ© notre hĂ©ritage, la grande partie de la terre est revenue aux enfants nĂ©s de la deuxième femme. Vous comprenez qu’il y a eu de l’injustice Â», nous raconte Ngendabanyikwa Venant, agriculteur que nous avons croisĂ© Ă  Muhingira, en zone et commune Gatara. Si les moyens financiers s’amĂ©liorent, Ngendabanyikwa compte saisir encore la justice.

Les conflits fonciers poussent la population de kayanza Ă  passer une grande partie de leur temps derrière la justice, indique Ndikumana Vianney, chef du cabinet du gouverneur de la province Kayanza. Parfois, ce lopin de terre qui fait objet de conflit est très exigu et ne peut rapporter grand-chose, constate-t-il. Les relations sociales sont tendues entre les membres de familles Ă  tel point qu’ils s’accusent de sorcellerie lorsque l’un d’entre eux tombe malade, argĂĽe Ngendabanyikwa Venant.

Pour Hakizimana Sylvestre, agriculteur habitant Ă  Nyarurambi, la situation est encore tolĂ©rable Ă  l’heure actuelle. Vu la recrudescence des mariages qui ont lieu chaque semaine,  il faut attendre et voir ce qui va se passer dans les dix prochaines annĂ©es, prĂ©dit-il. A l’heure actuelle, la famine conduit certaines personnes qui n’ont pas des champs Ă  voler dans les champs agricoles des autres.

«Nous ne passons presqu’ aucun jour sans rĂ©soudre les diffĂ©rends liĂ©s au vol dans les champs. Â» affirme Sixte Ndayizeye, chef de la colline Nyarurambi. Avant d’ajouter : “Parfois, le dĂ©passement des limites des terres peut s’empirer Ă  tel enseigne que la population se bat Ă  coups de poings et de machettes.”

Depuis l’instauration du conseil des notables, il y a environ une annĂ©e, nous avons reçu 47 conflits, indique Nyabenda Gordien, un des notables de la colline Nyarurambi. Cependant, plus de 30 conflits sont liĂ©s au litige foncier, explique Nyabenda Gordien.  

Selon Ndikumana Vianney, chef du cabinet du gouverneur de la Province Kayanza, l’exiguĂŻtĂ© des terres est source de conflits entre parents et enfants. « Nous avons dĂ©jĂ  vu des cas oĂą les enfants demandent Ă  leurs parents pourquoi ils les ont mis au monde. Imaginez en tant que parent si un enfant te pose cette question. C’est honteux Â».

Dans d’autres cas, les enfants battent leurs parents et arrivent au stade oĂą ils peuvent les tuer, car il se dit que son parent est Ă©goĂŻste. Il n’a pas prĂ©parĂ© son avenir. Selon le professeur Aloys Ndayisenga, gĂ©ographe de formation et enseignant Ă  l’UniversitĂ© du Burundi : «  les burundais sont très attachĂ©s Ă  la terre et Ă  l’enfant. Ce comportement s’observe mĂŞme parmi ceux qui ont fait de longues Ă©tudes. Et ça date de très longtemps Â».

Traditionnellement, l’enfant Ă©tait considĂ©rĂ© comme une richesse, un prestige social pour les parents et une protection contre les vieux jours. Avoir beaucoup d’enfants signifiait avoir une main d’œuvre gratuite pour l’agriculture, explique le chercheur.  Cette mentalitĂ© n’a pas changĂ©, constate cet expert. La transmission des terres de père en fils  a Ă©tĂ© Ă  l’origine de morcellement des terres depuis plusieurs dĂ©cennies. Actuellement, les familles font face Ă  l’exiguĂŻtĂ© des terres, atteste cet expert.

L’exiguĂŻtĂ© des terres a engendrĂ© des consĂ©quences multiples dont la misère gĂ©nĂ©ralisĂ©e, la famine, le chĂ´mage, la rĂ©duction de la production agricole, la surexploitation des terres et leur appauvrissement, analyse cet expert.  Cela a Ă©galement Ă©tĂ©  Ă  l’origine des conflits liĂ©s Ă  la terre. Si on va aux tribunaux burundais, on trouve que les conflits fonciers sont de loin les plus nombreux, conclut-il.  

Selon le rapport annuaire statistiques du Burundi publiĂ© en Mars 2023 par l’Institut National des Statistiques du Burundi, sur 18 892 litiges  reçus en 2017, 15 237 sont des litiges fonciers, soit 80, 65 %.   Toujours selon INSBU, ces litiges fonciers ont triplĂ©  en quatre ans : ils sont passĂ©s de 5 307 litiges fonciers en 2013 Ă  15 237 litiges fonciers en 2017.

Migrer vers les forĂŞts vierges n’est plus  la solution

Comme au Burundi, en RDC, surtout au Nord-Kivu,  les conflits fonciers dus Ă  la croissance de la population se posent. Le chercheur congolais Paul Vikanza, spĂ©cialiste en environnement et dĂ©veloppement des populations note que la dĂ©mographie est galopante dans les territoires environnant le parc des Virunga, notamment dans les rĂ©gions montagneuses de Lubero, devenant un danger.  Dans cette rĂ©gion faite des terres dĂ©nudĂ©es par la culture et exposĂ© Ă  l’érosion, faute de jachère, des paysans sont aujourd’hui condamnĂ©s Ă  pratiquer des techniques culturales  rudimentaires faites des labours rĂ©pĂ©tĂ©s sans amendements des sols.

Dans certaines agglomĂ©rations  rurales de plus de 50 mille habitants comme Kyondo ; Â« aujourd’hui, celui qui a un grand champ, rĂ©alise difficilement deux parcelles », tĂ©moigne l’agronome Nzilamba Mukwahabiri Tridon. Â« C’est ces deux parcelles qu’il  subdivise pour planter ici les choux, lĂ  les oignons, ou la pomme terre,…Et la production devient insuffisante Â», complète madame Kavira Kavalami Marie JosĂ©,  directrice du  CMDL-Kyondo.

Dans la coutume des peuples  de la rĂ©gion majoritairement de la tribu Nande/Yira, une famille nuclĂ©aire a en moyenne 6 enfants comme le mentionne l’UNICEF. Pourtant la terre, cet hĂ©ritage qui se transmet du père au fils, petit-fils, se fait de plus en plus rare.

« Aujourd’hui,  vu le nombre d’enfants dans une famille, on peut subdiviser une parcelle de 25 mètres en trois portions pour trois fils. C’est compliquĂ©. Ici nous avons deux activitĂ©s. L’agriculture et l’élevage. La terre est devenue très rare.  Il y a une surpopulation  dans notre agglomĂ©ration. Â», explique  Kasereka Kataliko Charles, SecrĂ©taire administratif de la commune rurale Luutu. 


Eboulement des terres dans les mini-champs familiaux suite au manque des haies antiérosives Image par ©Hervé Mukulu. Burundi, 2023.

Obligés à migrer!

Face à cette insuffisance des terres à cultiver, les habitants de Lubero migrent vers le parc des Virunga ou d’autres régions à forte présence des forêts vierges. Paluku Musunzu Evary est l’un de ces cultivateurs qui ont été contraints de quitter le territoire de Lubero à la recherche des nouvelles terres arables dans le parc des Virunga, dans la région de Beni.

«Je me suis retrouvĂ© ici en fuyant les problèmes dans ma famille. Parce que nous nous disputions un champ. Quand j’arrive ici, je trouve qu’il y a de l’espace et que l’on peut faire ce que l’on  veut. L’on peut prendre autant que l’on veut d’espace de champ  sans que l’on vous dise que ça  c’est un champ du grand-père ou de tel. On commence une nouvelle vie Â», se remĂ©more-t-il allègrement.  Parti seul, il y a  vĂ©cu six ans avant que son Ă©pouse le rejoigne avec son enfant.

Kanyere Amande Des Anges, enseignante Ă  l’école primaire Chamboko et  agricultrice  ayant des champs Ă  Aveyi, Potobu, Maleki, des villages situĂ©s Ă  une dizaine de km de la commune  rurale d’Oicha (Beni, Nord-Kivu),  s’est retrouvĂ© dans la rĂ©gion suite aux mĂŞmes circonstances.

« A Masereka, nous n’avions plus  assez de champs puisque la famille Ă©tait devenue nombreuse et cela entraĂ®nait des conflits du genre l’aĂ®nĂ© de la lignĂ©e impose que ce soit ses enfants qui prennent les champs de la famille. Alors, on nous disait qu’ici (Oicha)  on pouvait avoir des champs,  cultiver et rĂ©colter tout ce que l’on veut. Nous sommes venus. Nous avons eu des champs Â», se rĂ©jouis-t-elle. 

Ces nouveaux arrivants ouvrent des nouveaux champs et seule la guerre en cours contre les rebelles terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri) les empêche à aller plus loin dans la forêt infectée par des miliciens. Et quand certains tentent de regagner leur Lubero natal, le malheur s’accentue.

Car mĂŞme les petits lopins de terre qu’ils ont abandonnĂ©, ils ne les retrouvent plus. « LĂ , aujourd’hui, il y a l’insĂ©curitĂ©. La population qui s’était dĂ©placĂ©e d’ici jusque-lĂ  maintenant retourne  ici et  ces gens deviennent des dĂ©placĂ©s de guerre dans leurs propres villages. Et ceux dont les portions de terre Ă©taient dĂ©jĂ  occupĂ©s par leurs frères, en voulant les rĂ©cupĂ©rer, cela crĂ©e des conflits entre eux », se dĂ©sole Kasereka Kataliko Charles, SecrĂ©taire administratif de la commune rurale Luutu.


règlement d’un conflit foncier  dans la localitĂ© de Kisanzi aux pĂ©riphĂ©ries de Luutu,  les hommes du village sont rĂ©unis pour partager 5 fils d’un mĂŞme père qui se disputent un terrain. Deux d’entre eux Ă©taient partis ailleurs Ă  la recherche de terres arables ; en revenant, ils n’ont plus de terre dans leurs familles.)

Selon l’Institut National des Statistiques du Burundi, plus de 80% des burundais sont des agriculteurs et comptent sur les prĂ©cipitations pour cultiver et produire. NĂ©anmoins, la pluie est tantĂ´t abondante, tantĂ´t rare : « Par le passĂ©, il pleuvait Ă  temps, lors du jour de l’assomption. La saison culturale A dit « Agatasi » dĂ©butait en septembre pour prendre fin en FĂ©vrier tandis que la saison culturale B dit « Impeshi » dĂ©marrait en FĂ©vrier et se terminait en juin Â» dĂ©clare Ndikumana Sylvie, agricultrice.

Les choses ont changĂ© : « Par exemple, pendant l’annĂ©e culturale 2022-2023, la pluie est tombĂ©e tardivement entre la fin de novembre et le dĂ©but de dĂ©cembre et a pris fin vers la fin du mois d’avril. Pire encore, nous avons fait face aux pluies diluviennes mĂŞlĂ©es des vents violents. La grĂŞle a enfoncĂ© le clou dans le marteau en dĂ©truisant nos cultures.» s’indigne-t-elle. 

Pendant ces dix dernières annĂ©es, on relève tantĂ´t une baisse, tantĂ´t l’irrĂ©gularitĂ© des prĂ©cipitations Ă  travers le Burundi. Selon le rapport de l’Institut National des Statistiques du Burundi publiĂ© en Mars 2023, les prĂ©cipitations Ă  la station mĂ©tĂ©orologique de Imbo, situĂ©e Ă  l’ouest du Burundi sont passĂ©es de 94,3 mm en 2011 Ă  66,3 mm en 2021.

Alors que la pluie diminue ou est irrĂ©gulière, la tempĂ©rature monte et dĂ©truit Ă©galement les cultures. Selon le rapport de l’INSBU publiĂ© en Mars 2023, la tempĂ©rature Ă  la station mĂ©tĂ©orologique de Imbo est passĂ©e de  29,8 °C en 2011 Ă   31,7°C

Également , une Ă©tude  de la pluviomĂ©trie de la rĂ©gion menĂ©e sur une pĂ©riode de 50 ans  par le Professeur  Sahani Walere,  chercheur en gestion des catastrophes naturelles Ă  l’UniversitĂ© catholique du Graben (UCG-Butembo),  montre que dans la rĂ©gion de Butembo (Nord-Kivu), il y a une diminution du nombre des pluies mensuelles.

“Il y a dĂ©jĂ  eu des perturbations très sensibles pendant la petite saison pluvieuse. C’est-Ă -dire, on a perdu en termes d’amplitude et en termes de longueur des pluies 25% en 50 ans ; ce qui est une catastrophe en gestion des risques naturels. Et ça se remarque durant la petite saison pluvieuse, les agriculteurs en milieu urbain sont complètement dĂ©boussolĂ©s par rapport aux activitĂ©s Ă  mener Â», explique le professeur Sahani Walere.

Muser sur nos traditions, la loi et les innovations pour mieux gérer nos terres

« Pour rĂ©soudre le problème des champs, ce que nous pouvons demander Ă  notre Etat est de voir comment les familles vivaient avant. Nous avons perdu la dignitĂ© humaine. Aujourd’hui, celui qui a l’argent parvient Ă  s’emparer d’un bien commun alors que tout le monde connait la vraie vĂ©ritĂ©. 

Et ils vous disent que la loi foncière n’est pas ainsi parce qu’ils suivent les lois des blancs. Pourtant, nous vivions dans nos villages tout en sachant chacun sa part de terre qui lui donne droit de citĂ©. Il faut que les problèmes de terre soient rĂ©solus par la coutume Â»,  insiste notre interlocuteur Ă  Oicha, Paluku Musunzu Evary.

« Les conflits fonciers commencent maintenant quand les patriarches (vieux sages du village) viennent  tous de mourir. Quand ils Ă©taient lĂ , il n’y avait aucun conflit de terre.  C’est une grosse erreur de se battre pour les champs.  Les champs sont très traditionnels. Ce n’est pas bien de se battre pour ça Â»,  insiste Kahindo Malime, 82 ans, un conservateur de la tradition  rencontrĂ© Ă  Luutu.

En RDC, la crise des champs agricoles familiaux qui s’observe avec cruautĂ© principalement dans le territoire de Lubero est due Ă    un problème de la planification des terres.  Il y a  eu un manque des prĂ©voyances dans l’étude des paramètres sociaux Ă©conomiques de la zone explique Katembo Juhudi Duparc, gĂ©omaticien de l’Institut de Recherche IntĂ©grĂ©e de l’UniversitĂ© ChrĂ©tienne Bilingue au Congo IRIN/ UCBC.  Heureusement, une loi sur l’amĂ©nagement du territoire en cours d’examen au parlement congolais pour aider Ă  rĂ©soudre le problème.

 Â«  Au niveau national, il y avait un vide juridique. Heureusement, le pays vient de se doter d’une politique  nationale d’amĂ©nagement du territoire et d’une loi votĂ©e.  Avec ces outils, les provinces vont se doter des plans provinciaux d’amĂ©nagement du territoire et d’interventions foncières Â», se rĂ©jouit-il. Car ce travail est en cours en province du Nord-Kivu.  Un travail que l’UCBC rĂ©alise en partenariat avec la Coordination Provinciale de la Commission nationale de la rĂ©forme foncière.

Ce qui permettra de mettre en place  des modèles de gestion intĂ©grĂ©e des territoires, explique  Msc Shukuru Kyowero, enseignant au dĂ©partement des eaux et forĂŞts Ă  l’UniversitĂ© Catholique du Graben (UCG). « Il faut des modèles des gestions intĂ©grĂ©s des terroirs avec une agriculture intĂ©grĂ©e oĂą on applique la rotation des cultures, de la sylviculture et de l’élevage Â», encourage-til.

Mais en RDC, il faudra Ă©galement combattre le phĂ©nomène de «latifoundisation» des terres par des richissimes hommes d’affaires qui s’accaparent des vastes Ă©tendues des terres sans  bien les exploiter dĂ©nonce Muyisa Wasukundi Sorel,  doctorat en cotutelle Ă  l’école rĂ©gionale d’amĂ©nagement  des forets des territoires tropicaux ERAIFT Kinshasa et  Ă  l’UniversitĂ© de Liège en Belgique.  

«  La latifundisation des terres. C’est-Ă -dire,  il y a des riches qui s’emparent des vastes Ă©tendus des terres  dans certaines zones et laissent Ă  cotĂ©  une masse des paysans sans terres.  Si on peut arriver Ă   conscientiser ces propriĂ©taires terriens qui d’ailleurs n’exploitent pas adĂ©quatement leurs vastes Ă©tendus des terres, ça serait intĂ©ressant.  Ils peuvent faire valoir leurs terrains Ă  travers ces paysans sans terre Ă  travers une gestion intĂ©grĂ©e du territoire», recommande Muyisa Wasukundi Sorel,  doctorant Ă  l’Ecole rĂ©gionale d’amĂ©nagement  des forets et des territoires tropicaux (ERAIFT).